
Écouter une histoire lue par l'adulte : repérer les personnages, l'ordre des événements et ce qui n'est pas dit
Après une histoire lue par l'adulte, l'enfant de petite section montre qu'il a compris : il nomme ou désigne les personnages, remet deux ou trois images dans l'ordre et répond à une question sur ce que l'histoire ne dit pas tout à fait.
Ce que dit la fiche
Les points essentiels
- Une histoire lue par l'adulte se comprend d'abord en écoutant : l'enfant n'a pas besoin de savoir lire, il suit la voix, les gestes et les images de l'album.
- Les personnages sont les êtres qui agissent dans l'histoire (un loup, une petite fille, un lapin). L'enfant montre qu'il les repère en les nommant, en les désignant sur l'image ou en les imitant.
- La chronologie, c'est l'ordre des événements : d'abord, ensuite, à la fin. En petite section, on la travaille avec seulement deux ou trois images à remettre dans l'ordre, puis en racontant avec l'aide de l'adulte.
- Une inférence, c'est comprendre quelque chose que le texte ne dit pas avec des mots, en s'aidant de l'image et de ce que l'on sait déjà. Exemple : si le lapin pleure sur l'image, il est triste, même si le texte ne l'a pas écrit.
- Une même histoire se relit plusieurs fois : à chaque lecture, l'enfant remarque plus de détails, reconnaît les passages répétés et anticipe la suite.
- L'adulte aide la compréhension par de petites questions simples (Qui est-ce ? Que fait-il ? Qu'est-ce qui arrive après ?) et en reformulant les réponses de l'enfant en phrases correctes.
- Comprendre ne veut pas dire répéter par cœur : un geste, un mot isolé, une image pointée ou un mime sont des réponses valables en petite section.
- Cette fiche porte sur la compréhension d'une histoire entendue. La découverte de l'album comme objet et l'observation d'un exemple guidé relèvent d'autres objectifs du chapitre.
Les mots à connaître
- Personnage
- Être (humain, animal ou objet qui parle) qui agit ou à qui il arrive quelque chose dans l'histoire, par exemple le petit lapin de l'album.
- Chronologie
- Ordre dans lequel les événements arrivent dans l'histoire : ce qui se passe au début, au milieu et à la fin.
- Inférence
- Idée comprise sans être dite explicitement, grâce aux indices de l'image, de la voix de l'adulte et de ce que l'enfant sait déjà.
La méthode, étape par étape
- Avant la lecture, regarder la couverture avec l'enfant et nommer ce que l'on voit (un animal, un lieu) pour préparer l'écoute.
- Lire lentement, avec une voix expressive, en montrant les images et en laissant des pauses.
- Après la lecture, demander de désigner les personnages : Montre-moi le loup. Qui est dans l'histoire ?
- Proposer deux ou trois images de l'histoire et demander : Qu'est-ce qui arrive d'abord ? Et ensuite ?
- Poser une question d'indice : Pourquoi le lapin court-il ? Comment tu le sais ? Accepter le geste ou le mot isolé, puis reformuler en phrase.
Des exemples résolus
L'adulte vient de lire un album où une petite fille cherche son doudou, le retrouve sous le lit, puis s'endort avec lui. Il demande à Léa, 3 ans : Qui cherche quelque chose dans l'histoire ?
Léa montre la petite fille sur l'image et dit : Elle. L'adulte reformule : Oui, la petite fille cherche son doudou. Le personnage est repéré par le pointage et un mot. Il n'est pas nécessaire que Léa fasse une phrase complète : la reformulation de l'adulte modèle la phrase.
Avec le même album, l'adulte donne trois images mélangées : la fille endormie avec son doudou, la fille qui cherche, le doudou sous le lit. Il demande : Qu'est-ce qui arrive d'abord ? Puis il montre l'image où la fille semble inquiète et demande : Comment est-elle ?
L'enfant place d'abord l'image où la fille cherche, puis le doudou sous le lit, puis la fille endormie : l'ordre début, milieu, fin est respecté. Pour l'inférence, il montre le visage et dit Triste, ou fait la moue. Le texte ne l'a pas dit, mais l'enfant l'a compris grâce à l'image : c'est une inférence. L'adulte valide et reformule : Oui, elle est inquiète parce qu'elle ne trouve pas son doudou.
Les pièges à éviter
- Croire que l'enfant n'a pas compris parce qu'il ne répond pas par une phrase. En petite section, un pointage, un geste ou un mime prouvent aussi la compréhension. Il faut accepter ces réponses puis reformuler.
- Poser trop de questions ou des questions trop difficiles d'un coup, ou vouloir raconter toute l'histoire. Mieux vaut une question à la fois, centrée sur un personnage ou deux images, puis relire l'histoire une autre fois.
Teste-toi
Après la lecture, l'adulte demande : Montre-moi le loup. Quelle compétence de compréhension travaille-t-on ?
Voir la réponse
On travaille le repérage des personnages.
Demander de désigner le loup vérifie que l'enfant a identifié un personnage de l'histoire. Il peut répondre en pointant l'image sans parler, ce qui suffit en petite section.
On donne deux images d'une histoire : un oiseau qui sort de l'œuf, puis l'oiseau qui vole. Dans quel ordre l'enfant doit-il les placer, et quelle notion travaille-t-on ?
Voir la réponse
D'abord l'oiseau qui sort de l'œuf, ensuite l'oiseau qui vole : on travaille la chronologie.
Sortir de l'œuf arrive avant de voler. Remettre deux images dans l'ordre est la première forme de chronologie à travailler en petite section, avant des suites plus longues.
Sur l'image, l'ours a les yeux fermés et un sourire, mais le texte ne dit rien. L'enfant dit : Il est content. Comment appelle-t-on ce que l'enfant a fait ?
Voir la réponse
Une inférence.
L'enfant a compris l'émotion de l'ours sans qu'elle soit dite dans le texte, en s'aidant de l'image (yeux fermés, sourire). Comprendre ce qui n'est pas écrit explicitement est la définition de l'inférence.
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